A nos parents : ne vous forcez pas, vous mentez si mal !

Nos chers parents ont parfois un peu de mal avec nos mariages (c’est un euphémisme, oui 😉 ).
Je ne parle pas plus des miens, que des tiens, que des siens, je parle de tous ces parents qui, sans forcément avoir battu le pavé contre les droits de leurs enfants, ont essayé de se faire à l’idée de leur fille chérie se mariant à une autre fille, et que quand même, l’air de rien, ça leur fait bizarre.
« Parce que tu comprends ma chérie, tu ne peux pas dire le contraire, ce n’est tout de même pas un mariage « comme les autres » ».
Certes.
Mais moi je voudrais vous dire, chers parents : ce mariage n’est pas celui que vous imaginiez, je l’entends, mais si l’on est un peu honnête, la seule personne digne de passer sa vie avec votre fille, c’est soit le père, soit le frère ! Alors non, ça non plus ce n’est pas possible (n’en déplaise à Christine). Aucune personne n’est digne de vous voler votre enfant, aucun gendre (non, on se calme, j’ai dit « gendre », pas « genre ») n’est parfait, aucune belle-fille ne sera jamais assez discrète pour vous laisser votre fils adoré, etc. Ce que je veux dire, c’est que le mariage dont vous rêviez pour nous n’existe pas. Alors pourquoi ne pas essayer de se contenter d’un mariage qui nous fasse rêver, nous ?
Je conçois également que deux femmes en robes (ou en pantalon, ou deux hommes en robes ou l’un de chaque ou, bref), ce soit un peu décalé par rapport à ce que vous imaginiez. Mais si ça l’est tellement, essayez de vous mettre à nos places : voir dans vos yeux cet étonnement, cette surprise (pour ne pas dire « rejet » ou « dégout » car c’est parfois le cas), entendre dans vos mots l' »anormalité » de la chose, sentir dans vos gestes la retenue que vous inflige ce mariage… C’est parfois dur pour nous aussi.
Vous nous imaginez si fort.e.s parce que nous nous sommes opposé.e.s à vous pour vous imposer notre amour, mais vous oubliez que nous sommes souvent si fragiles dedans… et quand bien même nous serions forts à l’intérieur aussi, imaginez le nombre de fêlures que nous apportent les mois et les années de débats, de lutte, d’affirmation de soi, de « regards », de « gestes », de « mots » ?
Alors je voudrais vous passer un message à vous et à tous ceux qui doutent : ce jour-là, ne doutez plus s’il vous plaît : ne venez pas !
Ma fiancée dit toujours « en cas de doute, s’abstenir » et je dois dire que, pour une fois, je la rejoins : si vous n’êtes pas sereins, si vous n’osez pas, si vous avez des craintes, épargnez votre enfant ce jour-là et contentez vous de lui dire que vous êtes là pour lui/elle. Votre présence angoissée ou malheureuse ne fera pas de ce jour le jour joyeux qu’il est censé être pour les marié.e.s.

Et si vous tenez vraiment à être là, pour lui, pour elle, pensez à vous parer de votre masque de bonne humeur car ne nous leurons pas, chers parents, en matière d’enfants, vous mentez si mal !

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2 réflexions sur “A nos parents : ne vous forcez pas, vous mentez si mal !

  1. Emouvant et tellement juste… C’est pour ça que nous avons choisi de nous marier sans ma famille hélas, mais entourées de l’émotion et des rires de ma belle-famille 🙂

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